Tout le journal est présent sur cette page, mais vous pouvez aussi le télécharger dans son entiéretée:
Le deux du moi(s) d\’août 2007
Pour voir la couverture du deux d umoi(s) 2007 : couverture aout 2007
Vous pouvez également télécharger une version paginé de manière à être imprimé. Vous pouvez la télécharger. Penssez à imprimer recto-verso : Le deux du moi(s) d\’aout 2007 imprimable
- Un peu timide
- Restaurant cannibale
- un dessin de phil
- Luttons
Édito août 2007
Pour voir l’article comme dans le journal : edito août 2007
Libérer plus pour vendre plus, le slogan politique auquel nous n’avons pas échappé. Tout est légitime au nom du profit, même soutenir un dictateur lorsqu’il s’offusque de la libération hâtive de prisonniers qui ont vu leur peine de mort commuée en prison à vie sur un autre territoire. Eh oui, Sarkozy, au nom du profit, ose déclarer publiquement que ces libérations sont un peu choquantes. Petit con, tu lui as dit au dictateur que la torture et le viol étaient des méthodes un peu déplacées de détention. Peut-être est-ce le futurmodèle d’incarcération française ? Rien à foutre, libérer plus pour vendre plus, de toute façon, si ce n’est pas nous, c’est les américains qui leur vendront une centrale nucléaire, des armes et tout le reste. Il fallait un premier pour sucer Kadhafi, la France a gagné, l’argent légitime tout, accord bilatéral. Le mot magique qui fait d’un nazillon un partenaire commercial. Tout le monde s’en fout. Je dois être trop sensible pour vivre dans ce monde, ou alors, je n’ai rien compris. J’ai envie de rêver, je vais divaguer un peu. A quand un ministère de la paix mondiale. Tout ce pognon qui passe dans la recherche spatiale, si on l’investissait à trouver une solution pour vivre en harmonie… Non bien sûr, le verdict est rapidement tombé, pas rentable. Tant pis, je repose cette question dont jamais je ne me lasse : « l’utopie, ca s’arrête à combien ? »
Dossier polémique août 2007
Pour voir ce dossier comme dans le journal : dossier polemique août 2007
Voici un texte reçu en anglais et provenant d’un professeur américain qui essaye d’expliquer à ses élèves le système des impôts …
“Les impôts semblent s’expliquer par une logique simple. Mais beaucoup ne la saisissent toujours pas. Comme c’est la saison des taxes, laissez-moi vous expliquer en des termes que tout le monde peut comprendre.
Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l’addition se monte à 100 $. (Normalement 10 $ chacun).
S’ils payaient la note de la même façon que l’on paye les impôts, cela donnerait à peu près ceci :
Les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne payeraient rien.
Le cinquième payerait 1 $
Le sixième payerait 3 $
Le septième payerait 7 $
Le huitième payerait 12 $
Le neuvième payerait 18 $
Le dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59 $.
Ils décidèrent de procéder comme décrit ci-dessus.
Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour où le tenancier les plaça devant un dilemme :
« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 80$ ».
Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient diviser les 20$ de remise de façon équitable ?
Ils réalisèrent que 20$ divisé par 6 faisaient 3,33$.
Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6 ème homme devraient être payés pour boire leur bière.
Le tenancier du bar suggéra qu’il serait équitable d’appliquer un pourcentage de réduction plus important pour les plus “pauvres” et de réduire l’addition comme suit:
Alors ?
Le 5° homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien.
Le 6° paya 2 $ au lieu de 3 (33% de réduction)
Le 7° paya 5 $ au lieu de 7 (28% de réduction)
Le 8° paya 9 $ au lieu de 12 (25% de réduction) Le 9° paya 14 $ au lieu de 18 (22% de réduction) Le 10° paya 49 $ au lieu de 59 $ (16% de réduction)
Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement.
Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :
« J’ai seulement eu 1 $ sur les 20 $ de remise », dit le 6°, il désigna le 10° « Lui il a eu 10 $ ».
« Ouais ! dit le 5°, j’ai seulement eu 1 $ d’économie aussi »
« C’est vrai ! » s’exclama le 7°, « pourquoi aurait-il 10 $ alors que je n’en ai eu que 2 ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction»
« Attendez une minute » cria le 1° homme à l’unisson, « Nous quatre n’avons rien eu du tout. Le système exploite les pauvres »
Les 9 hommes cernèrent le 10° et l’insultèrent.
La nuit suivante le 10° homme (le plus riche ?!) ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note, ils découvrirent quelque chose d’important : Ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition….”
Choix rédactionel de Braloup
Dernier souper avant d’aller marcher pour la paix
1) Prenez une autopompe, enlevez son eau, remplacez par de la viande hachée.
2) Dressez-vous devant l’autopompe, dites-lui que vous allez marcher pour la paix, faites-lui des grimaces et lâchez des papillons blancs en grand nombre.
3) L’autopompe énervée envoie sa viande hachée à grandes giclées. Les papillons touchés en plein abdomen par des boulettes de viandes replient leurs ailes dessus et tombent comme des mouches.
4) Vous sortez la tête de la viande hachée tandis que les papillons roulés en boule tombent comme une grêle et vous dites « ravioli pour tout le monde ».
Duke

Des dessins de Phil
Pour voir cet article comme dans le journal : Des dessins de Phil

Ode à l’amour
Pour voir ” Ode à l’amour” comme dans le journal : Ode a l\’amour
Sortie de l’illusion
Tombez dedans par inadvertance car le plaisir de l’illusion nous dupe par rapport à la réalité. Sortez, et allez vers vos rêves.
Pour voir cet article comme dans le journal : Ame soeur
Ame soeur
Au-delà de tout espoir et de tout combat, elle emporte ses sentiments qu’elle préserve dans son coeur, elle les protège tendrement en espérant voir un jour éclore son amour.
Pour voir cet article comme dans le journal : rossignol
Rossignol
Rossignol veut l’enchaîner dans son attachement car il ne s’est pas encore trouvé à lui-même, il veut la garder dans son désir illusoire mais elle ne peut renier son coeur qui soupire ailleurs pour continuer sa traversée, sa recherche d’elle-même afin de s’épanouir à son dieu,
À sa foi céleste elle veut se trouver, elle doit trancher ses liens afin de s’éloigner.
L’amour est éternel et se renouvelle toujours avec une renaissance de son être.
Pour voir cet article comme dans le journal : ode à l\’amour ying yang
Le Ying et le Yang
L’équilibre de deux sphères différentes. Deux puissances absolues. Harmonie, enracine-moi, ligote-moi, en toi.
textes et illustrations Sabine Van Brabant
Choupipage
Pour voir cet article comme dans le journal : choupi page
Comme vous étiez en vacances durant le moi(s) de juillet, vous avez sûrement raté des infos chouettes sur notre vaste monde, alors je vous les raconte comme ça plic-ploc, celles qui m’ont plu.
Je viens d’apprendre sur Europe 1 non seulement que le tourisme spatial se démocratise, mais qu’en plus d’ici quelques années ce voyage « sur » la couche d’ozone ne coutera au particulier qu’environ 35000 dollars. Autant dire des clopinettes, par rapport à une maison écolo.
***
Egoïstement, je suis bien contente de ce moi(s) de juillet pourri : le soleil, c’est bien le dernier élément naturel à résister à la domestication des humains. Bien fait, si vous me passez l’expression. « Le réchauffement climatique c’est nul si on ne peut même pas bronzer plus». Enfin va voir si les habitants d’Amérique de l’ouest et d’Europe de l’est ont envie de bronzer avec leur 50° et leurs risques d’incendie permanents.
***
Comment ça, vous trouvez que je suis un peu acide ? Du tout, c’est juste que j’ai découvert un film merveilleux, « La Belle Verte ». Oui, c’est pas nouveau je sais, mais que voulez-vous j’avais un trou dans ma culture (si vous aussi, courrez avec trois R à la médiathèque). Enfin voilà, ça m’a fait un grand effet : des larmes, du rêve et du rire sur le coup, et le lendemain, alors que je me trouvais dans une « prison » pour chevaux à Ans, un grand coup de blues.
Comme le disait sa réalisatrice, ce film est sorti trop tôt (en ‘96), avant les scandales Mc Do, vache folle et cie. Merci madame Serreau de nous rappeler de temps en temps que nous sommes le seul virus infestant cette terre assez stupide que pour tuer son hôte. Quelle espèce dégénérée nous sommes !
***
A propos de gens stupides, les catholiques traditionnalistes sont tout contents de la relatinisation papalistique. Pourquoi ?
- Le latin n’est ni la langue du Christ ni celle des Evangiles
- Seulement 2% des français étudient le latin à l’école (sûrement pareil par chez nous)
- Peu de prêtres le parlent, surtout hors de l’Europe.
Conclusion :
- Un coup de pub du pape ?
- Dans ce cas, l’ancien rite de l’Eglise Catholique ® étant fort antioecuménique envers juifs et protestants, il se fait une drôle de pub.
Enfin, cette histoire fait 1% des catholiques français soit 30000 personnes contentes, c’est déjà bien. Quoique : j’en ai entendu une dire qu’il fallait « arrêter que l’on monte les catholiques traditionnalistes contre les autres, les modernes ». Je ne vois pas qui aurait un passe-temps pareil, ils sont assez grands pour le faire tous seuls, non ?
Bon moi(s) d’août quand même, surtout à ceux qui travaillent.
Choupi
Paroles d’un vilain petit canard.
Pour voir cet article comme dans le journal : vilain petit canard
Un petit mot pour le deux du moi(s), ou si vous préférez mon petit mot…
C’est avec grand plaisir que j’adopte la plume pour noircir un petit espace de ce mensuel dédié au partage. Partage d’idées, d’opinions, de choix. Ca fait tellement plaisir d’avoir la parole de temps à autre. Et sur ces pages, Braloup nous l’offre. Mon sujet est simple, voire primaire :
« Etre et avoir »
Les deux verbes que l’on apprend à maîtriser dès le premier cours de néerlandais. Ces deux verbes qui régissent nos envies, notre bien vivre mais aussi notre haine ou encore nos humeurs. Pourquoi un tel sujet ? Parce que je voulais que vous participiez à mes lignes ; qu’à votre tour vous preniez la parole. Etre, c’est un état, une situation ; « je suis en ville », « je suis avocat », « je suis heureux ». On le dit, on le pense, on le vit, on l’est. Mais parfois on en abuse aussi : « vous ne savez pas qui je suis ». C’est aussi la base d’un jugement :
« il est beau », « elle est gentille ».
Tandis qu’avoir, c’est mieux pour beaucoup de gens. Posséder, c’est tendance. Alors quand on a, on le dit, fort ! On veut que les gens le retiennent : « j’ai une voiture de sport », « j’ai un costume Hugo Boss», « j’ai un bijou fort cher »,… Avoir, comme c’est amusant d’avoir, et on a tellement qu’on entasse, on abîme, on collectionne et on s’en fout.
Du moment qu’on a, qu’on peut montrer, exhiber, c’est bien.
Alors comme ce sujet est interminable ; et de nature à philosopher un brin, je vous laisse la parole ! Je conclue simplement en disant : « A la place de regarder ce que les gens ont, regardez ce qu’ils n’ont pas »
Paroles d’un vilain petit canard.
Mai 68 39 ans déjà
Pour voir cet article comme dans le journal : mai 68 août 2007
Les premières barricades sont élevées le 3 mai. Mais c’est la semaine suivante que se déroule la première grande nuit des barricades, du 10 au 11. Les manifestants, surtout les étudiants, se retranchent dans le quartier latin, « leur quartier ». Ils connaissent bien les lieux, et même si certaines barricades semblent improvisées- l’une d’elle défend une impasse- on voit que l’insurrection commence à être réfléchie, organisée. Les grands axes, comme la rue Gay-Lussac sont bloqués par plusieurs barrages, ce qui permet aux manifestants de se replier lorsqu’une des positions retranchées est prise. Dans les petites rues, faciles à tenir, une seule barricade est dressée. Des techniques de guérilla urbaine, étudiées tant par les maoïstes que par les situationnistes semblent donc avoir été utilisées. On remarquera la vocation presque uniquement défensive de ces ouvrages d’art. Les manifestants en avaient bien besoin, les CRS, oubliant les conseils du préfet Grimaud, n’hésitant pas à aller chercher les manifestants blessés dans les ambulances pour leur repasser à grands coups de matraque la petite couche de vernis qui devait être du plus bel effet aux urgences. Ils envahissaient aussi les habitations des gens qui soutenaient les insurgés et envoyaient des lacrymogènes (qui leur arrivaient par…camions) à l’intérieur.
De Gaulle ne veut aucun compromis avec les étudiants. Il semble suivre l’affaire d’assez loin, préoccupé qu’il est de la politique extérieure. Son gouvernement, conscient des gaffes qui ont causé l’escalade de la violence, parvient à lui suggérer une méthode plus douce. De Gaulle délègue l’affaire. La Sorbonne est réouverte, et jusqu’à la fin du mois occupée par les étudiants qui en feront un quartier général, un lieu de réflexion sur la société et la manière de la modifier. Dans la foulée, l’Odéon est occupé et devient un lieu de libre expression où chacun peut venir parler à la foule. Rien n’est bien entendu resté de ces improvisations, mais elles ont sans doute contribué pour beaucoup à encourager les échanges d’idées entre les manifestants de tout bord, pendant et après les cortèges. Rappelons que des syndicats, comme le CGT se méfiaient des rencontres entre agitateurs étudiants et travailleurs en grève, et comptaient garder le contrôle des ouvriers (pour tenter d’établir un régime communiste, en cas de crise extrême, peut-être, qui sait ?).
Le 19, De Gaulle revient de Roumanie de fort méchante humeur. La grève a pris des proportions alarmantes. Certains journalistes de l’ORTF revendiquent même le droit de diffuser une information objective qui prenne en compte aussi les avis des manifestants. Le Général prononce sa célèbre déclaration : « La réforme, oui, la chienlit, non ! ». Le soir même des sérigraphies recouvrent les murs de Paris, on voit sa silhouette caricaturée de profil accompagnée du slogan : « La chienlit, c’est lui ». La troisième nuit des barricades suivra du 24 au 25, copie presque conforme de la précédente, le ministre de l’intérieur, méprisant, ayant déclaré « La pègre occupe Paris ».
Les syndicats négocient. Le 27, le gouvernement et le patronat consentent au cours des accords de grenelle à une hausse incroyable du SMIG. Il est vrai que le pays est paralysé, que le cours de la monnaie s’effondre, et que les gens assez riches pour s’acheter un peu d’essence rationnée s’en servent pour aller déposer leur argent en Suisse. Les syndicats, fiers de cette victoire décident d’encourager les travailleurs à poursuivre le mouvement de grève, pour voir où la situation va aboutir. Le 30 juin, De Gaulle disparaît, on le croit à Colombay, mais il est parti consulter en secret le Général Massu, qui dirige les forces françaises en Allemagne. De retour, il prononce la dissolution de l’assemblée et programme des élections législatives. Il appelle les gaullistes à manifester à leur tour pour un retour à l’ordre. Le soutien populaire est grand, et finalement il gagnera confortablement les élections . Les manifestations étudiantes et ouvrières se tassent mais ne sont pas vraiment interrompues. Seuls les manifestants les plus virulents restent, et la répression, avec Marcellin comme ministre de l’intérieur, se fait plus violente encore. On compte encore un mort chez les policiers, un commissaire écrasé par un camion fou envoyé dans une descente, et un chez les manifestants, blessé par un éclat de grenade, qui dans les médias français avait été transformé en « coup de couteau ». Ce n’est qu’un mois plus tard qu’on a su la véritable cause du décès.
Brieuc
Etre – ne pas être – humain
Pour voir cet aricle comme dans le journal : etre-ne pas etre-humain
Le foie gras bientôt illégal en Europe ?
L’illégalité du gavage découle de la Directive européenne du 20 juillet 1998 concernant la protection des animaux dans les élevages : « les animaux reçoivent une alimentation saine, adaptée à leur âge et à leur espèce, et qui leur est fournie en quantité suffisante pour les maintenir en bonne santé et pour satisfaire leurs besoins nutritionnels. Aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles ».
L’article 16 de la recommandation européenne du 22 juin 1999 concernant les canards utilisés pour produire du foie gras est aussi très clair : « les méthodes d’alimentation et les additifs alimentaires qui sont source de lésions, d’angoisse ou de maladie pour les canards ou qui peuvent aboutir au développement de conditions physiques ou physiologiques portant atteinte à leur santé et au bien-être ne doivent pas être autorisés. »
Le Comité permanent de la Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages a rédigé cette recommandation sur la base d’un rapport scientifique sur la santé et le bien-être des canards et des oies pour la production du foie gras. Ce rapport est accablant pour la filière foie gras.
La production du foie gras est la seule activité d’élevage qui nécessite l’ingestion forcée d’aliments. Comme le montre le rapport scientifique, le foie gras est le foie malade d’un oiseau atteint de stéatose hépatique. Diarrhées, halètement, déplacements pénibles, lésions et inflammations du cou… sont la réalité quotidienne du gavage, ce qui est inconciliable avec la recommandation européenne. La production de foie gras est incompatible avec la protection, aussi minimale soit-elle, que notre société a décidé d’accorder aux animaux.
Dès le 31 décembre 2004, les cages individuelles où sont enfermés la plupart des canards gavés seront interdites pour les nouvelles installations (ou lorsque les installations existantes sont remplacées), et devront avoir été supprimées dans leur ensemble avant le 31 décembre 2010 (Article 10).
Le foie gras est une violation des principes de la Convention européenne sur la protection des animaux d’élevage. Le préambule de la recommandation mentionne explicitement « des problèmes de bien-être liés à certaines pratiques dans la production de foie gras, qui ne répondent pas aux exigences de la Convention ».
Parallèlement, la filière foie gras tente, avec difficulté, de justifier l’injustifiable face à l’évidente violation des principes les plus élémentaires de protection des animaux.
Le gavage interdit à travers le monde
Le gavage est interdit dans plusieurs pays, dont certains étaient encore récemment producteurs de foie gras. Les rares pays où le gavage est encore toléré et pratiqué sont ainsi de plus en plus isolés.
Beaucoup de pays n’ont même pas jugé nécessaire d’adopter une loi interdisant explicitement le gavage : il y est illégal simplement au regard des lois qui protègent les animaux contre les mauvais traitements. Ainsi, dans ces pays, une personne qui tenterait de suralimenter un canard est condamnable au même titre qu’une personne qui enfoncerait un tuyau dans la gorge d’un chat pour le forcer à ingérer de la nourriture en quantité excessive pour sa santé.
Pays de l’Union Européenne
Les pays de l’Union Européenne sont soumis à une directive concernant la protection des animaux dans les élevages, et à une recommandation concernant le production de foie gras.
Selon la directive, le gavage est illégal puisqu’elle stipule que « aucun animal [ne doit être] alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles ».
La recommandation interdit le gavage partout où il n’est pas déjà pratiqué (article 24).
Au-delà de la réglementation européenne, chaque pays de l’Union Européenne a aussi sa propre législation en ce domaine.
Allemagne :
La législation de protection animale datant de 1993 indique qu’il est « interdit de nourrir un animal de force, sauf pour des raisons impérieuses de santé » (section II, article 3, alinéa 9).
Autriche :
Six provinces autrichiennes (sur neuf) ont une législation interdisant explicitement le gavage d’animaux « sauf s’il est nécessaire pour des raisons de santé ».
Danemark :
La loi de protection animale de 1991 indique que « les animaux ne doivent pas subir d’alimentation forcée sauf si c’est nécessaire pour soigner des animaux malades » (article 5).
Finlande :
« Les animaux ne doivent pas être nourris de force dans l’objectif de les engraisser ou d’accroître leur production. » (article 11, chapitre 2, loi sur la protection des animaux – 04/04/1996).
Irlande :
L’article 5 de la loi irlandaise de protection des animaux de ferme (1984) proscrit les mauvais traitements aux animaux et est interprété comme interdisant le gavage.
Italie :
« Mutilations et autres pratiques – à partir du 1er janvier 2004, le gavage des canards et des oies et le plumage d’oiseaux vivants est interdit » (implémentation de la directive européenne 98/58 dans le cadre du « Decreto Legislativo » du 26 mars 2001, n.146, article 2, sous-section 1, point b).
Luxembourg :
La loi du 15 mars 1983 ayant pour objet d’assurer « la protection de la vie et le bien-être des animaux » indique, Chapitre VIII, Art. 20 alinéa 6 : « Il est interdit de gaver un animal ou de le nourrir de force à moins que son état de santé n’exige cette mesure. »
Pays-Bas :
La pratique du gavage est interdite par la réglementation générale sur la protection des animaux (articles 36.1 et 37 de la loi de 1992 sur la santé et le bien-être des animaux).
Pologne :
La loi de protection animale d’août 1997 reconnaît que « l’animal, étant une créature vivante, capable de souffrir, n’est pas un objet. L’homme doit le respecter, le protéger et prendre soin de lui ». L’article 12.7 du chapitre 3 stipule qu’il est « interdit d’engraisser les oies et les canards de façon à obtenir une dégénérescence graisseuse de leur foie ». A la suite de cette législation, aucun nouvel élevage pour le foie gras ne fut autorisé à ouvrir, et les établissements existants alors avaient jusqu’au 1er janvier 1999 pour fermer. La Pologne était auparavant un important producteur de fois gras, au 5e rang mondial.
République tchèque :
La loi sur la protection des animaux (19 mai 1993 No. 162 et 27 septembre 1994 No. 193) rappelle que « Les animaux, comme les hommes, sont des créatures vivantes et peuvent donc ressentir divers degrés de douleur et de souffrance ; ils méritent ainsi l’attention, les soins et la protection des hommes. » La section 4, point P interdit de « gaver des animaux ».
Le gavage est interdit dans la plupart des pays de l’Union. Il est interdit en Pologne depuis le 1er janvier 1999. Il vient d’être interdit en Italie, Israël et Californie pour motif de cruauté. A Chicago, le foie gras vient d’être interdit à la vente, y compris dans les restaurants, pour la même raison. A la lumière des avancées progressistes de ses voisins, le gavage véhicule une image particulièrement rétrograde de la France.
Une disposition supplémentaire de la recommandation (article 24) interdit la production de foie gras, mais accorde néanmoins un sursis aux régions déjà productrices (« la production de foie gras ne doit être pratiquée que là où elle existe actuellement »), conditionné par l’obligation de « recherche de méthodes alternatives n’impliquant pas la prise forcée d’aliments ».
Un réexamen de la recommandation doit intervenir début 2005 (selon l’article 25).
Promenade gastronomique août 2007
Pour voir cet article comme dans le journal : promenade gastronomique
Mille excuses pour l’article du dernier numéro. Je me suis malheureusement perdu dans les bois. Le conseil pratique du mois portera donc sur le matériel de base du cueilleur de champignons. Il se compose donc de quelques livres, au moins un pourvu de longues descriptions (du type de ceux de Georges Becker) et un plus exhaustif (par exemple l’excellente flore de Marcel Bon). On emportera avec soi un panier, un canif, et de bonnes cartes d’état major !
La saison des chanterelles a déjà débuté, du moins pour les girolles. Les champignons, souvent d’un beau jaune-orange peuvent parfois être de teinte plus pâle ou présenter des mèches améthyste au centre du chapeau. Leur forme générale rappelle celle d’un entonnoir. Leur principale caractéristique et de produire leurs spores dans des plis généralement larges et fourchus, qui se présentent comme des ondulations sur la face intérieure du champignon. En fendant celui-ci en deux dans le sens de la hauteur vous constaterez une différence nette avec les champignons à lamelles. Leur parfum fruité rappelle celui de l’abricot. Leur goût est parfois légèrement amer à l’état cru, surtout chez les exemplaires qui poussent sous les épicéas et myrtillers (donc sur sol acide). Les girolles, champignons assez robustes et primitifs poussent sur de nombreux types de sols en forêt. On cherchera principalement dans les jeunes hêtraies, sous les hêtres accompagnés de taillis, dans les bois herbeux sans oublier les coupe-feux et fossés. Elles poussent toujours au sol, souvent en troupes serrées, mais les pieds des champignons sont très rarement soudés.
On peut les confondre avec la fausse chanterelle (Hygrophoropsis aurantiaca) qui a des lamelles, et dont le parfum assez insignifiant décevra vos invités. Deux confusions sont nettement plus gênantes, celle avec la pleurote de l’olivier (Omphalotus olearius), champignon assez méridional mais qu’on trouve parfois chez nous sur les chênes et marronniers ; Ce parasite des arbres pousse toujours sur du bois (attention aux racines et branches enterrées). C’est comme le précédent un champignon à lamelles. Celles-ci sont de plus luminescentes dans l’obscurité totale. Généralement, il pousse en touffes de plusieurs sujets soudés. Une autre confusion, très rare celle-là, est possible avec un champignon toxique que la mondialisation nous a ramené du Japon et que je n’ai jamais vu. Il porte lui aussi des lamelles et ressemble au clitocybe inversé et à la fausse chanterelle. Son odeur est fruitée. Il commence à s’installer dans le sud de la France, donc prudence pendant vos vacances.
Recette : chanterelle bonne femme
500g de Chanterelles
100g de lard fumé
20g d’oignons
20g de beurre
15g de farine
2 verres de vin blanc
50g de crème
Une branche de persil
Sel et poivre
Dans le beurre, faire revenir le lard en dés, ajouter les Chanterelles, l’oignon haché, incorporer la farine en la délayant, et mouiller avec le vin blanc. Cuire 40 min.
Avant de servir, ajouter la crème, et saupoudrer de persil haché le mets ainsi préparé.
Brieuc
Au restaurant cannibale
Pour voir cet article comme dans le journal : le restaurant cannibale
Last page
Pour voir cet article comme dans le journal :Last page aout 2007






