Edito
Le printemps s’est installé il y a un moment et nous avons même parfois du soleil. Comme vous le voyez, lisez, Le deux du moi(s) n’est pas mort. Il a hiberné un peu longuement, voilà tout. Certaines mauvaises langues prétendent que l’interruption de la parution de votre journal serait due au fait que l’article de notre mycologue attitré ne nous serait pas parvenu. Il n’en est rien, même si à l’heure où j’écris ces lignes il ne m’est toujours pas parvenu. Trêve de « private joke », j’ai des projets d’une toute autre envergure pour lui…
Tout à commencé il y a bien des années, j’ai crié au génie en parcourant une des bandes dessinée de Wolinski. Une de ses planches se terminait sur l’idée qu’il fallait donner le pouvoir à une personne qui ne voulait pas le prendre. Encore fallait-il trouver un tel homme. Ma quête commençait. J’ai écumé l’Europe, insatiable que j’étais, boulimique de rencontres. Il devait bien y avoir quelque part une femme, un homme, quelqu’un en qui je pouvais avoir suffisamment confiance pour le porter malgré lui, elle, au pouvoir suprême. Des années et des milliers de kilomètres plus tard, chargé d’une lourde déception, je me suis effondré au comptoir des Carmes, et c’est à ce moment que je me suis rendu compte qu’il était là. Je l’ai cherché partout sans regarder sous mon nez. Habillé comme à son habitude d’une chemise type bucheron, sirotant sa sixième Chimay bleue, j’ai nommé, Brieuc.
Quel autre que lui correspondait si parfaitement en tous points au profil que je recherchais, plus de détails à l’intérieur de ce numéro.
Vous y trouverez deux ou trois autres choses aussi. J’ai un goût immodéré pour la provoc, je ne l’assume pas toujours pleinement, alors cette fois ci, je vais y aller un peu plus fort. Je trouve fort à propos que l’anarchiste de droite que je suis vous parle un peu de devoirs. A force de défendre une société de droits, l’être humain semble oublier que ces derniers sont indépartissables du devoir. Il y a, semble-t-il, comme une allergie collective à ce mot. Il faut être politiquement correct et ne plus rire de rien. Notre société est victime d’une pandémie de procès, tout le monde se sent dans son bon droit de saisir un tribunal dès qu’il se sent victime du sens de l’humour de l’un de ces contemporains. Tous les prétextes sont bons pour s’afficher en tant que victime. Je citerai volontiers l’un ou l’autre exemple, mais mon journal n’a pas les moyens de s’offrir le luxe d’un procès, ni la notoriété nécessaire pour être protégé jour et nuit par les services de police. Car le procès c’est l’issue la plus conviviale, pour certaines personnes, ce qui est perçu comme une insulte se lave uniquement dans le sang. Si je parle de devoir d’intégration, par exemple, je suis un facho. Si je plaisante au sujet handicapée, je suis odieux. Si je plaisante au sujet de quelqu’un, je risque de lui faire gagner de l’argent. Si je plaisante au sujet des blondes, je… ah non, ça je peux. Blondes de tout pays, unissez-vous, portez plainte, réclamez des dédommagements moraux et pour certaines, des droits d’auteur….
Le monde dans lequel je vis est pour moi d’une insupportable violence. Loin de moi l’idée de prétendre que c’est pire qu’avant, cette forme stupide d’expression a cours depuis très longtemps, trop longtemps. Il est possible de s’affronter à grands coups d’idées, dans le respect et l’écoute de l’autre, je crois. Il n’y a qu’une seule révolution qui changera un jour la face du monde. C’est une révolution intérieure. Un combat que chacun doit mener seul, contre lui-même. Nous ne sommes pas sauvés…
N.B. : Je tiens à remercier personnellement Benoit XVI grâce à qui les catholiques seront bientôt une minorité en voie d’extinction…
Saugrenue idée ? Pas tant que ça… Donnons le pouvoir à un homme qui ne veut pas le prendre. À tous ceux qui interjetteraient qu’il n’a aucune chance de faire mieux que ces prédécesseurs. Je rétorque qu’il peut difficilement faire pire. Vous ne connaissez peut-être pas Brieuc et vous vous demandez ce qui pourrait bien vous motiver à le charger d’une telle responsabilité. Eh bien le bon sens, voilà tout…
Avis aux amoureux de la Paix : un évènement exceptionnel aura lieu en Belgique les 5 et 6 novembre 2009. On se souvient que Le deux du moi(s) avait lancé il y a de cela quelque mois un mouvement pour la Paix appelé To Walk For Peace. Était-ce vraiment un mouvement ou plutôt une performance artistique, je me pose encore la question. Pour les nouveaux lecteurs, il s’agissait de marcher pour la Paix dans ses activités quotidiennes, de compter les heures-par-jour pendant lesquelles on avait marché (pour la paix) et d’envoyer sa comptabilité au journal…
Plus d’infos : http://www.theworldmarch.org
Le futur maître du monde s’exprime
Pour éclairer les propos de Braloup, je pense avoir compris que ce journal visait la libre expression, qu’il était dépourvu de ligne éditoriale politique, et que la seule manière de lui donner une quelconque coloration idéologique était simplement d’écrire dedans, ou de répondre aux articles qui paraissent. Je me désolidarise donc totalement de la plupart des articles qui y sont parus. Le seul but de ces articles sur les champignons est d’encourager les gens à aller se promener, à leur faire découvrir des recettes pas trop chères en pensant à ce bon Braloup qui m’avait approximativement dit un jour : « J’ai sorti le journal, on ne pourrait pas aller aux champis, je n’ai plus que du gruau d’avoine à manger jusqu’à la fin du mois et c’est un peu fade. » …
J’ai passé le premier mai place Saint Paul, c’était drôle à se pisser dessus. Bla, bla, blablabla, continuons le combat. Rien de vraiment révolutionnaire. Avez-vous déjà pensé à ce que ce mot signifie. La révolution c’est faire un tour de soi, aller droit devant pour rejoindre son point de départ. Tout ce que j’ai vu c’est un grand néant idéologique. Je ne regrette pas d’y être allé, j’ai fait une rencontre inattendue, la forestine, une bière au goût fort agréable…
L’art est à tout le monde. L’art est un droit. Le beau se doit d’être à la portée de tous. Une œuvre de qualité peut l’être aussi si elle est vendue à un prix démocratique.
L’art est fait pour vivre. Une œuvre vit lorsque par un moyen quel qu’il soit, elle s’accroche à un lieu.
L’art à pour but de se faire rencontrer les gens. Leur procurer des excuses pour communiquer les uns avec les autres. Les espaces de rencontres deviennent de plus en plus virtuels. Tous, nous avons notre part de responsabilité. L’artiste à la sienne, qu’il l’assume…








