Le puits carbone: un avenir durable pour le Congo RDC ?
Il faut au préalable définir quelques concepts importants afin d’aider à la compréhension.
Le développement durable est une forme de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Dans cette logique, le développement durable est une réponse des acteurs afin de greffer les aspects environnementaux et sociaux à la croissance économique.
Le protocole de Kyoto a été ratifié en février 2005 par 189 pays (dont la RDC), ce protocole apparaît en réaction aux preuves solides de l’influence de l’activité humaine sur le climat planétaire (Cfr Rapport du GIEC, 2007), en proposant des mécanismes visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, HFC, PFC et SF6).
Dans ce cadre, il fixe également une feuille de route pour les années à venir, avec pour objectif actuel une réduction des émissions (de 20% à 40% par rapport à 1990, en fonction des pays) d’ici 2020.
Il met également en place une série de mécanismes tels que le mécanisme de développement propre (MDP). Son but est de permettre aux pays développés l’investissement dans des mesures de réduction d’émission de gaz à effet de serre dans les pays en voie de développement. En utilisant les mécanismes de marché (bourse des permis d’émission,…), il permet, également, de monétariser la valeur de la tonne de CO2 et donc d’en permettre la transaction (8 milliards de dollars investit depuis 2005).
Depuis le 1er janvier 2005, le marché des permis d’émission est devenu une réalité en Europe, ainsi que son système d’échange (directive 2003/87). Le principe de ce système réside dans l’instauration d’un plan national d’affectation des quotas (PNAQ), visant à répartir, pour chaque période, les droits d’émissions entre les acteurs du marché, tout en respectant les objectifs de réduction d’émission fixés par Kyoto.
Kinshasa est la ville – province la plus peuplée du pays, avec une population estimée entre 8 et 9 millions d’habitants, Selon les prévisions, elle pourrait atteindre plus de 10 millions d’habitants en 2015 (se hissant ainsi parmi les 30 plus grosses agglomérations mondiales).
En dépit du fait qu’il soit parmi les pays les plus riches d’Afrique quant aux richesses du sol, du sous-sol et humaines, le Congo occupe actuellement l’une des dernières places au monde quant à son PNB et son niveau de vie réel.
De part la structure sociale de la population kinoise, une partie importante de celle-ci vit dans un état de précarité rare ; vivant sous le seuil de pauvreté, une partie importante de la population vit d’expédients, notamment en prélevant de façon inconsidérée le bois dans les forêts aux alentours de la Capitale.
Cette solution n’est pas durable !
La proposition est de créer un puits de carbone , intégré dans un développement socio-économique d’une région sise au sud ouest de Kinshasa, à équidistance avec la ville de Matadi, capitale du Bas Congo.
Afin que la situation des populations puisse évoluer, il faut envisager une plantation à une échelle suffisante pour influer, tant sur le comportement socio-économique de la population, que sur l’écosystème de la région.
Pour atteindre ces objectifs, il faut donc envisager un projet intégré réunissant dans un seul plan, des créations d’emplois, le développement d’activités nouvelles, la création de nouvelles forêts, le tout chapeauté par la gestion rentable de quotas CO2 (Cfr Protocole de Kyoto).
Dans un premier temps, nous envisageons la création d’une forêt artificielle sur un territoire d’une superficie de 10.000 hectares. Cela représente la plantation de +/- 900.000 arbres.
Deux types de production sylvicole peuvent être envisagées :
Le bois-énergie, après récolte, le bois est transformé en charbon de bois à destination de la capitale (usage ménager);
Le bois d’œuvre, cette production, qui ne représente que 10% de la production actuelle est destinée à la construction des habitations et du mobilier.
Pour ce faire, il faudra planter des types d’arbres différents et afin d’arriver à une autosuffisance, il sera indispensable de créer une pépinière pour assurer la production locale des différentes essences. Cette pépinière va générer différents types d’emplois nouveaux: ouvriers agricoles, agronomes, etc.
Dans cette optique, les plantations et la préparation des terrains vont également déboucher sur des emplois à pourvoir dans la population locale ( agronomes, techniciens agricoles, surveillants, garde forêts, etc.).
Les premiers arbres à pousse rapide peuvent déjà donner une production après 4 ans.
Il est évident que tout arbre coupé doit être replanté afin d’assurer la durabilité du projet.
Le résultat dégagé par l’activité du puits de carbone permettra l’investissement dans des activités connexes.
Tout d’abord, le projet permettra de financer la coupe et la replante d’arbres, et donc d’assurer la pérennité du projet en induisant un cycle autofinancé.
L’argent récolté permettra également de développer l’industrie de création de charbon de bois et/ou de bois d’œuvre.
La société de transport des produits et marchandises en direction en en provenance de KINSHASA sera également financée.
Finalement, les fonds générés permettront le lancement de projets de micro-financements dans la région, de création de centres de formations et donc d’assistance à l’enseignement officiel de KINSHASA.
Étienne Lambert
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